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CENTRE ROUSSEAU
Groupe d’Études dédié à Jean-Jacques Rousseau

Le silence de Wolmar. Claude Habib

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mardi, 22 octobre 2013 15:31 Written by 

Cet article est paru dans Commentaire, n° 85, Printemps 2009.

 

Le silence de Wolmar

 

 

La Nouvelle Héloïse est un roman sans méchant. Cette originalité, Rousseau en est fier. Il la souligne dès la Seconde Préface : "Pas une mauvais action ; pas un méchant homme qui fait craindre pour les bons.[1]" Il y revient à la dernière page du roman, dans une note où il élucide ce qui fait pour lui le charme de son livre : "C'est qu'au moins ce faible intérêt est pur et sans mélange de peine ; qu'il n'est point excité par des noirceurs, par des crimes, ni mélé du tourment de haïr. Je ne saurais concevoir quel plaisir on peut prendre à imaginer et composer le personage d'un Scélerat, à se mettre à sa place tandis qu'on le réprésente, à lui prêter l'éclat le plus imposant. Je plains beaucoup les auteurs de tant de tragédies pleines d'horreurs, lesquels passent leur vie à faire agir et parler des gens qu'on ne peut écouter ni voir sans souffrir.[2]" Rousseau prend à coeur de faire mentir  le mot de Gide : son but déclaré est précisément de faire de la littérature avec des bons sentiments.

 

Et la barre est placé très haut. Il n'y a pas quelques bonnes intentions, parmi bien des mauvaises. Ni même beaucoup de bonnes intentions, soulignées par quelques noirceurs. Contrairement à ce qui se passe dans les chefs d'œuvres de la littérature morale - Richardson est visé -, il n'y aura aucun méchant pour mettre en relief l'excellence des bons. Tous les personnages veulent le bien. il y a pourtant des dissensions, des conflits et des occasions de souffrir, car les définitions du bien s'opposent. Ainsi, pour le père de Julie, qui est noble, le bien de Julie consiste à épouser un noble qu'il lui destine, et pas à tomber amoureuse d'un précepteur roturier. Il y a donc un conflit, qui n'est aucunement original, entre les aspirations des uns et des autres, c'est-à-dire entre le voeu des amants - qui se fonde sur la nature - et la volonté paternelle, qui d'une autre façon s'appuie sur la nature. La tragédie naîtra de ce désaccord-là, avant de se résoudre, grâce à l'effort de tous, dans le monde harmonieux de Clarens : à partir de la déchirure initiale - la séparation des amants, le mariage forcé de Julie -, une nouvelle vie se tisse patiemment. Cette solution qui se met en place très lentement, est complètement inattendue : nul doute que l'invention littéraire est là.

 

La vie de famille édifiante repose sur une injustice initiale, et sur la résignation de tous à cette injustice : de tous, y compris du plus lésé de tous, c'est-à-dire l'ancien amant. Saint-Preux, après un long périple, est invité à venir revoir sa bien aimée devenue mère de deux enfants. Il s'installe quelque temps auprès de la famille. Wolmar prend de lui une bonne opinion. Le séjour se prolonge, il est finalement question qu'il reprenne ses fonctions de précepteur et qu'il élève les enfants de Julie et Wolmar comme s'ils étaient les siens.

 

L'acceptation de la situation par tous les acteurs du drame crée la possibilité d'une utopie domestique, mais cette utopie est extrêmement fragile. Sous les dehors d'un paradis champêtre, Clarens est un monde d'émotions violentes et contenues. L'idéal menace à tout instant de verser dans le crime. La résurgence de la passion forme un danger toujours présent. Ce danger apparaît dans la célèbre promenade en barque, nettement moins élégiaque que le souvenir qu'on en garde, puisque Saint-Preux, violemment agité, médite de pousser Julie par dessus bord "et d'y finir dans ses bras ma vie et mes longs tourments[3]". Ce sombre projet, l'agitation qu'il cause et les pleurs qui le suivent sont l'occasion de l'aveu longtemps retenu : "Ah, lui dis-je tout bas, je vois que nos coeurs n'ont jamais cessé de s'entendre! Il est vrai dit-elle d'une voix altérée ; mais que ce soit la dernière fois qu'ils auront parlé sur ce ton.[4]"  

 

Conformément au voeu de Julie, une telle scène ne se renouvellera pas : cet aveu est le dernier. Mais le silence que Saint-Preux garde jusqu'à la fin ne prouve aucun amendement. Il est même nécessairement suspect : le silence qu'on observe sur l'ordre de la femme qu'on aime n'est-il pas une preuve d'amour? C'est en tout cas l'avis de Rousseau qui choisit cet exemple, dans Emile, pour faire mesurer la différence entre l'amour chevaleresque et la licence moderne : le premier sait se taire et l'autre publie tout [5].

 

L'amour disparaît donc des lettres suivantes, qui parlent résolument d'autre chose : d'agriculture ou de pédagogie, de vie domestique ou de religion. Mais on doit supposer qu'il court sous ces détails, comme une source souterraine. Il rejaillit à la toute fin du livre, lorsque Julie sur le point de mourir, s'adresse enfin sans déguisement à celui qu'elle n'a jamais cessé d'aimer. Le danger était bien de tous les instants, ce dont elle convient avec une belle simplicité : "Nous songions à nous réunir : cette réunion n'était pas bonne.[6]"

 

A la dernière heure, l'excellente épouse et la tendre mère cesse de se retrancher derrière ses imposants devoirs. Elle avoue l'extrême précarité d'une situation qui ne tenait, dit-elle, que par son aveuglement : "Vous m'avez crue guérie, et j'ai cru l'être. Rendons grâce à celui qui fit durer cette erreur autant qu'elle était utile. Qui sait si me voyant si près de l'abîme, la tête ne m'eut point tourné? Oui j'eus beau vouloir étouffer le premier sentiment qui m'a fait vivre, il s'est concentré dans mon coeur. Il s'y réveille au moment qu'il n'est plus à craindre ; il me soutient quand mes forces m'abandonnent ; il me ranime quand je meurs.[7]" A partir d'un tel point de vue, le paysage du roman change entièrement. Depuis des centaines de pages, Rousseau édifie son lecteur à propos de la force morale du sentiment amoureux : l'amour peut conduire au respect de l'ordre, pour peu qu'il soit fidèle à lui-même, apprend-on. Il n'abaisse pas les âmes, il les exalte. Il ne perd pas les amants, il ne les fait pas rouler du tripot à la prison, comme dans les romans de l'abbé Prévost. Certes, il a commencé par les faire trébucher.  Mais d'un mal peut sortir d'un bien : telle est la courbe générale du livre, une courbe ascendante. Or dans la lettre testamentaire,  l'abîme dont parle Julie révèle une tout autre géographie : Clarens n'est pas le bon port enfin atteint, la terre ferme regagnée. Clarens est une parenthèse précaire. C'est le frêle bonheur éprouvé entre une chute et la suivante, sachant que la suivante serait pire que la première, car elle serait irrémédiable. Julie est devenue une fille indigne en perdant sa virginité, elle a retrouvé l'estime d'elle-même en devenant une bonne épouse. Adultère, c'est-à-dire parjure, elle serait perdue sans recours. Dans ces conditions, mourir est un bienfait.

 

Question : qu'en pense Wolmar? Nous savons qu'il approuve, puisqu'il transmet à Saint-Preux la lettre d'adieu de Julie. Il était libre de ne pas le faire. Cette lettre, Julie la lui a confié dans un moment extrêmement pathétique. Elle est à l'agonie. Wolmar, qui d'ordinaire ne brille pas dans le registre élégiaque, vient se plaindre à son chevet. C'est la première et la dernière fois : "Julie, ma chère Julie, vous avez navré mon coeur : hélas, vous avez attendu bien tard ! Oui continuai-je en voyant qu'elle me regardait avec surprise ; je vous ai pénétrée ; vous vous réjouissez de mourir ; vous êtes bien aise de me quiter.[8]" Quelques exclamations et serrements de main plus tard : "Arrêtez, dit-elle, il est vrai, je meurs contente ; mais c'est de mourir comme j'ai vécu digne d'être votre épouse. Ne m'en demandez pas davantage, je ne vous dirai rien de plus ; mais voici, continua-t-elle en tirant un papier de dessous son chevet, où vous achèverez d'éclaircir ce mistère. Ce papier étoit une Lettre, et je vis qu'elle vous étoit addressée. Je vous la remets ouverte, ajoûta-t-elle en me la donnant, afin qu'après l'avoir lue vous vous déterminiez à l'envoyer ou à la supprimer, selon ce que vous trouverez plus convenable à votre sagesse et à mon honneur.[9]" Ainsi non seulement Wolmar peut censurer le mot d'adieu à Saint-Preux, mais il a positivement le droit de le faire. "Cette lettre étoit incluse dans la précédente" signifie donc : lu et approuvé.

 

L'approbation est incontestable. Elle laisse en suspens la question de sa souffrance - non pas la souffrance qui tient au fait d'avoir perdu sa femme, mais la souffrance sentimentale de n'avoir pas été aimé par elle. Voulez-vous me quitter? Telle était sa question. Julie en lui remettant une lettre, diffère sa réponse : "Je vous prie de la lire quand je ne serai plus, et je suis si sûre de ce que vous ferez à ma prière que je ne veux même pas que vous le prometiez.[10]" Dans ce mouvement, Julie combine prodigieusement confiance et dissimulation. La confiance conjugale est poussée jusqu'à l'ostentation : je m'en remets à votre discrétion, je ne veux même pas de votre parole. En même temps, elle poursuit une stratégie d'évitement. Et quel autre recours a-t-elle? Si Wolmar ouvrait la lettre sur le champ, il n'y verrait que des motifs d'accablement. "Vous vous réjouissez de mourir ; vous êtes bien aise de me quiter" reprochait-il. Comment ne pas juger que  ces craintes sont fondées en découvrant les dernières lignes que Julie adresse à Saint-Preux : " Trop heureuse d'acheter au prix de ma vie le droit de t'aimer toujours sans crime, et de te le dire encore une fois.[11]"

 

Julie meurt d'une fièvre - elle a donc le temps de discourir - mais c'est aussi une mort accidentelle : cette fièvre la saisit après qu'elle s'est jetée à l'eau pour sauver son fils cadet, Marcellin. S'adressant à Saint-Preux qui va devenir l'éducateur de ses deux fils, elle n'omet pas dans sa lettre ultime quelques recommandations maternelles : "Parlez-leur quelquefois de leur mère... vous savez s'ils lui étoient chers... dites à Marcellin qu'il ne m'en coûta pas de mourir pour lui. Dîtes à son frère que c'étoit pour lui que j'aimois la vie.[12]" En deux phrases, Julie réitère entre ses fils le partage qu'elle veut établir entre son mari et son ancien amant : vivre pour l'un, mourir pour l'autre, et que l'un et l'autre soient contents de leur part car chacune est exclusive, tel est le principe du partage. Il y a forcément une difficulté dans cette double appartenance, et les deux énoncés se minent l'un l'autre : "c'est pour vous que j'aimais vivre", ne pèse pas lourd si mourir ne coûte guère. En poussant à la limite, s'il apparaît qu'elle n'aime pas vivre du tout, c'est pour vous que j'aimais vivre est un énoncé qui se réduit à rien. Pourquoi Wolmar s'en contente-t-il? Si l'on voit en lui un maître tyrannique, on peut tout d'abord répondre qu'il ne peut pas faire autrement : une fois que Julie est morte, il a eu d'elle tout ce qu'il était possible d'avoir. Il n'est rien qu'il puisse lui reprocher dans sa conduite avec Saint-Preux : il n'y a littéralement rien à reprendre. Inversement, on voit bien ce que la scène a de flatteur pour Saint-Preux, ou pour le petit Marcellin ou pour Jean-Jacques Rousseau, lui-même fils cadet d'une mère qui mourut peu de temps après sa naissance. Si mourir, c'est déclarer sa préférence, la mort de la mère coupe court à la jalousie envers l'aîné : au fond ce possédant est un éternel mari. Julie en mourant trouve le moyen de dire sa préférence, mais sa formule est d'une équité inattaquable. Non seulement elle coupe court à l'envie, mais elle met fin à la culpabilité : sa mort se transmue en réconciliation générale.

 

Si Wolmar se contentait de supporter ce fait comme un fait - parce que ce qui est fait est fait, parce qu'il ne peut rien y changer -, la situation, toute flatteuse qu'elle soit pour le cadet resterait en son fond amère. Pour que la réconciliation soit générale, il ne suffit pas que Wolmar la supporte, il faut qu'il y consente. C'est pourquoi il transmet le courrier. Ce geste fait la différence de la fin du livre et du cours du livre.

 

Durant tous les précédents épisodes, on ignore ce que pense cet homme qui se tait - ou plus exactement qui parle d'autre chose. Car la plupart du temps, Wolmar disserte agriculture, démographie, psychologie... A propos de Rousseau, Carlyle écrivait «Il n'avait pas "le talent du silence"[13]». C'est un jugement frappant. Ce n'est pas qu'il n'y ait pas de silences, dans ce roman. Ce qui manque, c'est plutôt le talent du silence, c'est-à-dire l'art de les faire entendre.

 

Wolmar est le grand organisateur du domaine de Clarens. Il est nettement plus âgé que les amants, c'est un ami de vingt ans du père de Julie. D'après ce qu'il déclare et d'après ce que Saint-Preux rapporte de lui, il paraît au-delà des émotions humaines, hormis l'amour pour sa femme qu'il sent d'ailleurs faiblement : inaccessible, dirait-on, à la souffrance, à la jouissance, à la pitié, à l'harmonie du paysage, au sentiment religieux, il est censé être toute justice. Sans jouir du bien qu'il fait, mû simplement par l'amour de l'ordre, il est, selon l'expression célèbre, "l'oeil vivant" de ce paradis où déambulent les amoureux (émus, tremblants, toujours au bord de la faute).

 

Souvent comparé à Dieu pour son omnipotence et son indépendance absolue, Wolmar est aussi un homme sans Dieu. Cette affreuse incroyance est révélée fort tard [14]. Elle fait tout le malheur de Julie. Car c'est pour elle un tourment de le voir "par la plus bizarre inconséquence penser en impie et vivre en Chrétien! [15]" Wolmar qui fait le bien sans aimer Dieu est un paradoxe vivant.

 

Si l'on prend au sérieux la religion naturelle que Rousseau professe, on comprend l'effort extrême qu'il dût faire pour imaginer ce personnage. Un athée juste et bienveillant représente pour lui l'alliance la moins vraisemblable : c'est presque une contradiction dans les termes. Rousseau déteste l'athéisme. Certes il défendra la tolérance dans les termes les plus fermes : celle qu'il prône est sans exception ni pour les musulmans, ni pour les juifs, ni pour les catholiques (ce qui est loin d'être banal parmi les philosophes de son temps, la plupart ayant, à côté d'une admirable tolérance, quelques têtes de Turc). Mais l'athéisme est la borne de son raisonnement : la tolérance  qu'il défend concerne les formes du culte et la plupart des questions théologiques. Elle ne couvre pas l'incroyance. On peut prier avec ou sans mots, dans une mosquée ou une église, dans un temple ou dans la nature. On  peut s'appuyer ou non sur un clergé, accepter ou non de se confesser, recevoir ou refuser les sacrements. Mais c'est parce qu'on est libre en conscience, du moment qu'on reconnaît l'existence d'un Dieu juste et bon, de l'honorer comme on le juge convenable (en conscience sans doute, et non publiquement, mais je laisse de côté les subtilités du chapitre de la religion civile, c'est-à-dire l'articulation de l'ordre politique à l'ordre religieux). La communauté de la croyance en un Dieu juste et bon est le pivot de la tolérance rousseauiste. Comment pourrait-on avoir confiance en des hommes dénués d'une telle foi? Les incroyants sont des méchants : ce sont ceux qui ont intérêt à ce que Dieu n'existe pas. Telles sont les convictions ordinaires de Rousseau, elles creusent un fossé entre lui et les philosophes parisiens. Dès lors l'invention de Wolmar est bien la création la plus inattendue.

 

Etant donné que Julie et Saint-Preux débordent de piété, et que les dernières pages du roman laissent présager la conversion de Wolmar (qui supporte mal d'imaginer qu'il ne reste rien de Julie), les encyclopédistes n'ont vu là qu'un prêche de plus. C'est une lecture incroyablement bornée. Il y a là, au contraire, un risque de pensée. Je connais un seul exemple qu'on puisse lui comparer : c'est le cas inverse de Salman Rushdie, dont l'athéisme ne fait aucun doute, lorsqu'il est allé jusqu'à concevoir dans Les Versets sataniques, la bouleversante conversion de Mirza Saeed. En de tels moments, l'invention romanesque déporte celui qui s'y livre au-delà de ses propres convictions. Bien sûr les deux entreprises ne se recouvrent pas : Rushdie veut rendre la foi compréhensible à l'incroyant (à l'incroyant qu'il est lui-même). Rousseau veut rendre l'athéisme respectable au croyant. Mais dans les deux cas, chacun fait un grand écart. Et ce qui est extraordinaire, c'est qu'un mouvement si flagrant soit si peu reçu, ou plutôt si mal reçu. Lorsque Rousseau est accusé de capucinade à propos de l'Héloïse, lorsque Rushdie est condamné à mort pour impiété (dans un livre où sa tension personnelle vers le phénomène religieux ne fait pour moi aucun doute), la méprise paraît invraisemblable : il faut le faire exprès. C'est du reste une chose courante dans l'histoire des hommes que de tirer sur celui qui déploie un drapeau blanc. Si curieux que cela semble, les hommes détestent abandonner  les termes de leurs conflits.

 

Comment Rousseau a-t-il pu s'aventurer aussi loin vers l'incroyance? Qu'est-ce qui lui permet de mettre Wolmar au nombre des "êtres créés selon son coeur"? Ou encore, pour reprendre ma première question, comment peut-il affirmer que son roman est sans méchant alors qu'il compte un athée?

 

La première raison, c'est que Wolmar est un sceptique honteux. Son incroyance est involontaire, mais surtout elle n'est pas prosélyte. Au contraire : c'est le secret d'Etat de Clarens. Attentif à ne causer aucun scandale, Wolmar assiste aux services religieux. Sa conduite extérieure est irréprochable, il agit en tout comme un bon chrétien, et  personne n'a l'idée de soupçonner le maître. Si Wolmar est excusable, pour ne pas dire exemplaire, c'est qu'il prend sur lui, et l'on pourrait paradoxalement dire de son fond irréligieux ce que Julie dit de son amour : "ce sentiment resté malgré moi fut involontaire (...) ce fut mon tourment et non pas mon crime.[16]" N'était la trop sensible Julie, qui se désespère pour le salut de son âme, l'athéisme de Wolmar pourrait d'ailleurs être rangé dans la catégorie des erreurs ou des vices qui ne font souffrir que soi (comme la masturbation). C'est par là que Rousseau s'approche de son antagoniste : il cherche à concevoir l'athée, non comme un méchant, mais comme un malheureux. La difficulté est que l'incrédule ne souffre pas positivement de ce malheur : son malheur, précisément, consiste dans son insensibilité. Wolmar est un homme privé de Dieu : un homme qui n'a pas la chance de sentir le bienfait divin en lui et autour de lui, c'est-à-dire de jouir de la création. Il reste imperméable à la beauté du monde. Mais pour autant, il ne veut pas troubler le monde : au contraire il met tout en oeuvre pour assurer la pérennité d'un ordre auquel il demeure étranger. Cela fait songer à la position de Rousseau à la fin de sa vie, lorsqu'il se décrit dans la première promenade "tranquille au fond de l'abyme, pauvre mortel infortuné, mais impassible comme Dieu même.[17]" La situation qui est la sienne à la fin de sa vie, du fait de la persécution universelle, est exactement une situation limite : "une situation que rien ne peut empirer[18]". Toucher le fond, c'est toucher un point de quasi coïncidence entre le malheureux et le méchant : entre l'athée à la manière de Wolmar et ce qu'il avait appelé dans la profession de foi "les âmes cadavéreuses" (en se demandant s'il est possible qu'elles existent pour de bon).

 

Au moment des Rêveries, Rousseau a fini par se détacher des hommes qui l'ont abreuvé de malheurs et de trahisons, mais son humanité s'atteste encore, comme celle de Wolmar, par le plaisir qu'il prend au spectacle de l'ordre et des vertus : "Ils ne me sont même indifférens qu'en ce qui se rapporte à moi ; car dans leur rapports entre eux, ils peuvent encor m'interesser et m'émouvoir comme les personnages d'un Drame que je verrois représenter. Il faudroit que mon être moral fût anéanti pour que la justice me devint indifférente. Le spectacle de l'injustice et de la méchanceté me fait encore bouillir le sang de colère ; les actes de vertu où je ne vois ni forfanterie ni ostentation me font toujours tressaillir de joye et m'arrachent encor de douces larmes.[19]"

 

Tel deviendra Rousseau, tel est déjà Wolmar : presqu'absolument détaché de l'humanité, ne tenant plus aux autres que dans ce pur regard qui veut l'ordre et le bien. Et certes ce regard les distingue tous deux du méchant, mais la différence tient à un fil. C'est un fil ténu ; et même, dans le cas de Wolmar, un fil suspect. Il y a au moins deux raisons de se méfier.

 

La première, c'est qu'on ne peut oublier la critique du spectacle que Rousseau mène depuis l'époque des Discours : il n'a pas cessé de dénoncer les Français qui vont verser des larmes au théâtre et se dispensent d'aider les malheureux à leur porte. Rousseau à la fin de sa vie est-il dans un cas tellement différent, lui qui ne peut aider personne et que nul ne peut aider? Ne peut-on pas parler d'absolue faillite morale, lorsque le monde entier est devenu un théâtre, lorsque tous les êtres humains ne sont plus que les "personnages d'un Drame"? Rousseau répondrait qu'il ne l'a pas choisi : s'il est contraint à demeurer ce pur spectateur, c'est que le complot universel l'a mis hors du monde. En admettant cet argument, on retient pourtant que l'extrémité du malheur jouxte la pire dureté de coeur.

 

Le second motif de trouble porte sur la volonté de justice, censée animer le regard du maître. Quelle raison a-t-on de se fier à la justice de Wolmar? Pourquoi prêter à son projet de contrôle des volontés et des esprits une finalité morale? Peut-être n'est-ce là qu'une pure et simple domination[20]. Revenons à la question initiale, qui est celle d'un roman sans méchant. En pensant à la séparation des amants, nous étions d'abord tenté de répondre que le méchant n'est pas un ingrédient indispensable : pour qu'il y ait drame, il suffit d'un imbécile - le père de Julie suffit.

 

La suite du roman complique la question, et la complique en deux temps. Dans la longue relation de son mariage, Julie révèle que le refus de son père était moins absurde, et plus estimable qu'il ne semblait [21]. Certes, le baron avait promis sa fille à son vieil ami Wolmar, un homme auquel il doit la vie (en bonne logique rousseauiste, il aurait mieux fait de s'abstenir : on ne doit pas disposer d'une fille comme d'un bien, étant donné qu'une fille est un sujet libre, doté d'une volonté inaliénable). Mais, et là est l'information nouvelle, entre temps cet ami a perdu tout ses biens. Dès lors, le baron ne peut consentir à un refus de Julie qui ferait injure à un homme ruiné. Ce point d'honneur regarde une morale aristocratique que Rousseau ne peut balayer d'un revers de main (le mépris de l'argent n'est-il pas toujours estimable? Sur les égards qu'on doit aux pauvres, Rousseau est intarissable. Il ne risque pas d'être moins scrupuleux que le baron.) A la racine du conflit, on découvre donc une opposition d'un type nouveau : non pas la bonté contre la sottise et le préjugé, mais un conflit des valeurs, à la mode weberienne, entre les droits du coeur et la morale aristocratique.

 

Ce n'est pas le dernier état de la question. Le baron avait interdit à sa fille d'avouer à Wolmar qu'elle en aimait un autre, car Wolmar aurait pu croire qu'il s'agissait d'un prétexte inventé par le baron pour se dégager de sa promesse. Julie, toujours bonne fille, a plié. Mais à quoi s'est-elle pliée? A la justice? A l'honneur de son vieux père? Une longue confession de Wolmar [22] nous apprend enfin la vérité : avant le mariage, il n'ignorait pas la liaison de Julie et de Saint-Preux. Il l'a épousée quand même. "Cette conduite étoit inexcusable, a continué M. de Wolmar. J'offensois la délicatesse ; je péchois contre la prudence ; j'exposois votre honneur et le mien.[23]"

 

Cette conduite ne blesse pas seulement les sentiments humains, comme il se plaît à le dire ("j'offensois la délicatesse"). Elle contrevient à la morale, et frontalement : Wolmar sait que Julie appartient à un autre. Il est dans le cas de convoiter la femme d'autrui, un cas fort simple. Et Rousseau le sait bien : justes noces ou pas, le crime est là. Le motif du crime est complètement banal : c'est tout simplement la passion. L'oeil vivant n'est pas qu'un oeil. Il a senti, il a cédé : "je vous aimois et n'aimois que vous. Tout le reste m'étoit indifférent. Comment reprimer la passion même la plus foible, quand elle est sans contrepoids? Voilà l'inconvénient des caractères froids et tranquilles. Tout va bien tant que leur froideur les garantit des tentations; mais s'il en survient une qui les atteigne, ils sont aussi-tôt vaincus qu'attaqués, et la raison qui gouverne tandis qu'elle est seule, n'a jamais de force pour resister au moindre effort.[24]"

 

Dans la suite de ses explications, Wolmar enveloppe son acte d'un faisceau de raisons qui tiennent à l'ordre en général et à la réhabilitation de Julie en particulier : elle n'aurait pas pu être heureuse en faisant souffrir son père, il lui fallait un changement d'état, l'excellence de son naturel permettait d'espérer le succès d'un mariage... Toutes raisons qui seraient excellentes, n'était celui qui les profère. Comment supporter la formule "J'osais croire à la vertu et vous épousai.[25]"? La phrase est mise dans la bouche d'un homme qui précisément force à en douter. En apprenant les douteuses raisons de Wolmar, Julie, désormais mère, n'a pas d'autre choix que de l'approuver. Elle ne fait pas les choses à moitié : "je n'ai pu m'empêcher de lui sauter au cou en m'écriant : Mon cher mari ! ô le meilleur et le plus aimé des hommes ! apprenez-moi ce qui manque à mon bonheur, si ce n'est le votre, et d'être mieux mérité...[26]" 

 

On comprend moins pourquoi Saint-Preux ne met pas son poing dans la figure de Wolmar. Peut-être est-ce que le fait, écrasant, s'impose à lui : Julie est mariée, elle a deux enfants, il est trop tard.

 

Wolmar fait son entrée dans l'intrigue par une injustice consommée. Il commence par s'emparer de la femme qu'il convoite, avec la complicité du baron d'Etange dont les ratiocinations chevaleresques s'avèrent des mensonges tarabiscotés. Le baron avait dit à son ami que sa fille en aimait un autre, il lui avait même communiqué les lettres des amants. Donc cette histoire de point d'honneur n'avait aucun sens. En revanche, elle avait un but : empêcher le face à face. Eviter que Julie tombe aux pieds de Wolmar, et le supplie de ne pas l'épouser. (Et comment eût-il réagi? Lui qui l'a épousée par ruse, l'aurait-il épousée de force? ).

 

Après ce beau début, la manipulation va-t-elle s'arrêter? C'est indécidable. Wolmar invite Saint-Preux à demeurer auprès d'eux. Cette conduite admet deux lectures. On peut y lire un geste magnanime, visant la rédemption complète des anciens amants. C'est ce que Wolmar explique à Saint-Preux. Il a d'abord réussi son mariage, puis il a lancé la phase deux : "Mes succès m'encouragerent, et je voulus tenter votre guérison comme j'avois obtenu la sienne ; car je vous estimois, et malgré les préjugés du vice, j'ai toujours reconnu qu'il n'y avoit rien de bien qu'on n'obtint des belles ames avec de la confiance et de la franchise.[27]" Ce discours admirable n'efface pas l'équivoque. Wolmar, l'homme sans Dieu, est peut-être un homme désespéré. Il aurait de bonnes raisons de l'être : comment pourrait-il être sûr du coeur de sa femme, ce coeur qu'il n'a pas consulté au moment de l'épouser? Condamné à douter d'elle, il ne cesse jamais de la mettre à l'épreuve. Julie est le cobaye d'un test qui n'a aucune raison de cesser. Toujours plus fort. Non content d'inviter Saint-Preux à Clarens, Wolmar, justement, doit s'en absenter. Comme Julie rechigne, il la tance : "Madame de Wolmar se contenteroit-elle d'une vertu qui eut besoin de choisir ses occasions? Pour moi je suis plus difficile ; je veux devoir la fidélité de ma femme à son coeur et non pas au hazard, et il ne me suffit pas qu'elle garde sa foi.[28]"

 

C'est pourtant bien tout ce qu'elle lui garde au cours de la promenade en barque qui a lieu, précisément, au cours de cette absence. Fait extraordinaire, la douce Julie continue de rechigner après l'épreuve : "Wolmar, il est vrai, je crois mériter votre estime ; mais votre conduite n'en est pas plus convenable, et vous jouïssez durement de la vertu de votre femme.[29]"

 

Et pour une fois, silence : il n'y pas de réponse de Wolmar à ce billet. Ce mot le remet à sa place : il est le maître, un maître dur, qui jouit durement. Il est peut-être méchant.

 

Oui, la vertu de Julie a besoin de choisir ses occasions. Non, cette réunion n'était pas bonne. Et cela, Wolmar l'endure. Il n'y a rien d'autre à faire que de souffrir ces vérités là. Elles sont le châtiment de sa faute, un châtiment conforme à la pédagogie de Rousseau : "Il faut que toutes les leçons ou les punitions paraissent sortir des choses mêmes." C'est une loi sans exception, et presque le refrain de l'éducation négative : "Et toujours la leçon lui venait de la chose même[30]." Or ce principe pédagogique fondamental que Rousseau reprend de Fénelon, est aussi un principe de l'élaboration romanesque. Il règle le rapport du romancier et de sa créature (et sans que nous puissions avoir jamais de certitude à cet égard, il règle probablement le rapport du Créateur et de ses créatures).

 

Quel est le crime de Wolmar? C'est d'avoir épousé une femme qui ne l'aimait pas. Quel est le tourment de Wolmar? C'est de vivre avec une femme qui ne l'aime pas. Une femme qui trouve qu'il jouit durement. C'est là son chagrin permanent et secret. Il peut déployer une intense activité économique, il peut noyer le monde sous le flot des propos légiférants, il peut même édifier un paradis sur terre, il n'empêche. C'est sa peine.

 

Le rousseauiste débutant est toujours arrêté par les contradictions d'un texte à l'autre. En s'y attachant davantage, on est de plus en plus frappé par l'extraordinaire unité d'esprit qui règne entre eux. Un même souffle anime l'entreprise pédagogique, la réflexion théologique, le roman. Les textes paraissent renvoyer les uns aux autres, et leurs échos s'accordent. Comme le précepteur à l'égard de l'enfant rebelle, comme le romancier à l'égard du personnage abusif, Dieu ne punit sans doute l'homme que pour son bien. Même si ces mystères nous dépassent, il est hautement probable, non seulement que les peines sont proportionnelles au crime, mais encore qu'elles sont immanentes au crime. En tout cas, on peut légitimement l'espérer. C'est ce que fait le vicaire, après avoir refusé de trancher la question de l'enfer et de l'éternité des peines. "Que m'importe ce que deviendront les méchans? Je prends peu d'intérest à leur sort. Toutefois j'ai peine à croire qu'ils soient condamnés à des tourments sans fin. Si la suprême justice se venge, elle se venge dès cette vie.[31]" Faire le mal, c'est donc souffrir de ce mal qu'on fait, même si cette souffrance n'est guère visible de l'extérieur : "Qu'est-il besoin d'aller chercher l'enfer dans l'autre vie? il est dès celle-ci dans le coeur des méchans.[32]"  Cela reste vrai, même si, hypothèse plus extrême encore, cette souffrance est complètement indolore, prenant la forme de l'apathie.

 

Dieu est un maître bienveillant. Son indulgence ne peut consister à laisser des crimes impunis - dans ce cas sa bonté serait contraire à sa justice. Son indulgence consiste à traiter les hommes comme des enfants. On peut dès lors présumer qu'Il initie la règle exposée par le gouverneur : "J'en ai dit assés pour faire entendre qu'il ne faut jamais infliger aux enfans le châtiment comme châtiment, mais qu'il doit toujours leur arriver comme une suite naturelle de leur mauvaise action.[33]"

 

On peut supposer que Wolmar souffre, mais on ne peut que le supposer : ses souffrances, si elles existent, sont muettes. En outre, elles ont un terme : en conviant Saint-Preux à venir le rejoindre après la mort de Julie, Wolmar entre à son tour dans le cercle des belles âmes (à moins qu'il ne révèle qu'il y a toujours été). Manifestement, il accepte l'ordre que Julie préconise. Qu'elle ait vécu pour lui, qu'elle soit morte pour l'autre, ainsi soit-il. Après la mort de Julie, nous avons la preuve, non pas qu'il supporte ce partage, mais bien qu'il l'accepte. S'il détruisait la lettre, il se débarrasserait de Saint-Preux. En la transmettant, il montre qu'il veut bien, in fine, que Julie lui échappe, et c'est beaucoup plus qu'une simple soumission au fait. Il ne s'agit pas seulement d'admettre qu'elle lui échappe du fait qu'elle est morte. Il s'agit d'accepter qu'elle lui a toujours en partie échappé. Il n'a pas occupé ses pensées, alors qu'il régnait sur sa vie. C'est ce qu'elle écrit. C'est ce qu'il doit lire. Or il n'est pas blessé par ces lignes - en tout cas pas au point de les faire disparaître. Pour lui le chagrin du deuil commence, là où finit la culpabilité. Sa peine a cessé : s'il était méchant, il ne l'est plus. Il reconnaît que l'amour existe. Il ne cherche plus à l'étouffer. Il faut croire qu'il s'est amendé.

 

C'est de cette façon que La Nouvelle Héloïse est un roman sans méchant : on n'y voit pas de méchant stable et sûr de lui. Une mauvaise action est commise. Il y a peut-être un méchant là-dessous, mais nous ne pouvons pas en être sûrs et de toute manière, il cesse de l'être à la fin du livre. Surtout, s'il est méchant et tant qu'il le reste, il ne jouit pas de sa méchanceté, il en souffre en silence. La méchanceté n'exulte pas, elle ronge son frein. Rousseau peut dire avec raison qu'il ne lui a pas prêté "le faste le plus imposant". Wolmar ne propage pas la méchanceté, de même qu'il ne se vante pas de son incrédulité. Bref, son insensibilité ne fait pas la loi, et c'est là le point crucial. Wolmar est un homme coupé du monde. Sa femme ne l'aime pas, il est vieux, il va mourir. S'il fait la loi -car tout de même, il est le maître -, c'est à partir d'autre chose. Ce qui lui permet de légiférer, c'est le très mince fil de son intérêt pour le spectacle de l'ordre et les apparences du bien.

 

Est-il bon, est-il méchant? Cette question n'est pour Diderot qu'un titre de comédie. Pour Rousseau, c'est une interrogation profonde, permanente et corrosive. S'il affiche partout l'assurance agaçante de sa bonté de coeur, c'est une bonté saignante : elle porte en banderille son ruban de Marion. Réfléchir au personnage de Wolmar, au mode de constitution d'un tel personnage, c'est mesurer de quelle profondeur remonte l'assurance, cent fois claironnée, de la bonté rousseauiste : une bonté à l'épreuve des pires tourments, de la réprobation de soi, de l'angoisse.

 

Wolmar frôle la méchanceté, mais qui sommes-nous pour le juger? Ni Saint-Preux, ni le vicaire ne se permettent de le faire. Les justes, parce qu'ils sont justes, n'ignorent pas la contiguïté des bons et des méchants, la fraternité d'Abel et de Caïn. La vie humaine est toujours dans la proximité du mal : "Le méchant n'est-il pas mon frère? Combien de fois j'ai été tenté de lui ressembler? Que délivré de sa misère il perde aussi la malignité qui l'accompagne, qu'il soit heureux ainsi que moi ; loin d'exciter ma jalousie, son bonheur ne fera qu'ajoûter au mien.[34]

Claude Habib



[1]O.C., t. II, La Nouvelle Héloïse, Seconde préface, p. 13.

[2] Op. cit., p. 745.

[3] Op. cit., IVème partie, l. XVII, p. 521.

[4] Ibid.

[5] O.C., t. IV, Emile, l.V, p.745-746, note de Rousseau.

[6] La Nouvelle Héloïse, VIème partie, l.XII, p.740.

[7] Op. cit. p. 740-741.

[8] Op. cit. , VIème partie, l.XI, p. 719.

[9]  Op. cit. , VIème partie, l.XI, p. 720.

[10] Ibid.

[11]  Op. cit. ,  VIème partie, l. XII, p. 743.

[12] Ibid.

[13] Thomas Carlyle, Les héros, "Le héros comme homme de lettres" [1840], Armand Colin, Paris, 1900, p.289.

[14]  Op. cit.,  Vème partie, l. V, pp. 588 et sq..

[15]  Op. cit.,  Vème partie, p. 591.

[16]  Op. cit.,  VIème partie, l. XII, p.741. Je souligne

[17] O.C., t. I, Les Rêveries du promeneur solitaire,  première promenade, p. 999.

[18] Ibid. p. 997.

[19]  Op. cit.,  VIème promenade, p. 1057.

[20] C'est la position de Lester G. Crocker. Cf. "Julie ou La Nouvelle duplicité", Annales Jean-Jacques Rousseau, XXXVI.

[21] O.C., t. II, La Nouvelle Héloïse, IIIème partie, l. XIX, p. 349.

[22]  Op. cit.,  IVème partie, l. XII, pp. 492-496.

[23]  Op. cit., p. 493.

[24] Ibid.

[25]  Op. cit., p. 494.

[26] Ibid.

[27]  Op. cit.,  p. 494-496.

[28]  Op. cit.,  IV ème partie, l. XII, p.497.

[29]  Op. cit., IVème partie, l. XVI, p. 514.

[30] O.C., T. IV, Emile, l. II, p. 369. Cf. aussi p. 311 "des punitions qui naissent des chose mêmes" et p. 337  : " que (...) ce mensonge attire sur lui des maux qu'il voye sortir de l'ordre même des chose et non pas de la vengeance de son gouverneur."

[31] O.C., t. IV, Emile, l. IV, p. 591.

[32] O.C., t. IV, Emile, "Profession de foi du vicaire savoyard", l.IV, pp. 591-592.

[33] O.C., t. IV, Emile, l. II, p. 335.

[34]O.C., t. IV, Emile, "Profession de foi du vicaire savoyard", l.IV, p. 592.

 

Additional Info

  • Auteur: Sermain Jean-Paul
  • Angle d'étude: Autobiographie
  • Année de publication: 2006
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