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CENTRE ROUSSEAU
Groupe d’Études dédié à Jean-Jacques Rousseau

Penser l'homme

Written by mardi, 22 octobre 2013 15:15

 

 Penser l'homme vient de paraitre aux éditions Garnier

 Ouvrage codirigé par Claude Habibet Pierre Manent. Avec le concours de Christophe Litwin

Table des matières

 

Première partie : Théorie de l’homme

 Patrick Hochart

L’ordre de la passion

 

Blaise Bachofen

Rousseau, une anthropologie du « moi relatif » 

 

Bruno Bernardi

L'homme civil, l'homme naturel : l'heuristique en miroir du second Discours

 

Christophe Litwin

La théorie de l’homme entendue comme généalogie morale

 

Deuxième partie : Méthod 

 

Vincent Descombes

 « Transporter le moi » 

Jean-François Perrin

Modifier la langue pour s’orienter dans la science : théorie de la pitié et lexique de l’identification chez Rousseau

 

 

Claude Habib 

S’aimer soi-même

 

Jean-Paul Sermain

La mort de Julie

 

Troisième partie : Justice et Politique

 

 Pierre Manent

De Montaigne à Rousseau : le législateur impossible

 

Christopher Kelly

 Du caractère naturl du sentiment de l’injustice

 

Céline Spector

 Y a-t-il un gardien des promesses ? L’hétéronomie de la conscience dans l’Emil 

Terrence Marshall

 L’Emile de Rousseau : Bewegungsgrund de la Philosophie Critique

 

Philippe Raynaud 

 L’amour, les femmes

 

 

Argument

 

Rousseau fut le réformateur des temps modernes : il n’échappe à personne qu’il a fondé sur de nouvelles bases la politique et la pédagogie, qu’il a renouvelé le roman et la musique, qu’il a changé pour longtemps la vie intérieure et les manières d’aimer comme s’il avait eu le pouvoir de modifier tout ce qu’il touchait. Avec lui la liberté devient le fondement de l’association humaine au lieu d’en être la menace, et l’amour, le fondement de la famille au lieu d’en être le péril. Avec lui la sincérité cesse d’être une vertu de confessionnal, bonne à l’église, déplacée dans le monde. Le libertinage passe de mode ; la connivence mondaine perd son prestige et la bonne société son attrait. Car il fait éclore, chez son lecteur, des aspirations nouvelles : secouer le joug des conventions, et vivre une vie qui soit vraiment sienne.

 

Ce désir nouveau ébranle les places assignées et les partages du passé. Mais, dans son cas, la contestation de l’héritage ne peut se confondre avec l’avidité usurpatrice qu’on prête aux nouveaux venus. L’ambition de vivre ne se confond pas avec la soif de la puissance : Saint-Preux n’est pas Rastignac. Au regard de l’ordre ancien, cet espoir, qu’on va bientôt dire romantique, est énigmatique : il ne vise rien de défini, et semble fait pour dérouter les critiques traditionnelles contre les licencieux, les égoïstes ou les parvenus. Car la donnée de départ est un moi entièrement repensé, dégagé des verrous de l’égoïsme et de la vanité. La révolution dans la sensibilité, si évidente du vivant même de Rousseau et qui n’a fait que s’amplifier par la suite, ne se comprend pas sans un changement sous-jacent des coordonnées humaines. Si Rousseau a pu modifier l’homme, c’est qu’il l’avait compris d’une manière sans précédent.

 

Agenda

Written by lundi, 25 septembre 2017 11:46

Agenda

Calendrier du séminaire 2014-2015

Centre Rousseau  2014  -2015            

                     Calendrier

Les séances du centre Rousseau auront lieu le vendredi en Sorbonne, escalier C, 2ème étage, salle Max Milner

7 novembre 2014.  16-18 h

5 décembre 2014 16-18 

23 janvier  2015 16-18

6 février 2015 16h-18h

13 mars 2015 16h-18h 

10 avril 2015 16h-18h

23 mai 2015 Colloque Ecrits et genres mineurs

Programme 2017-2018

 

Programme 2017-2018

 

Les séances du séminaire auront lieu en Sorbonne, Salle Max Milner, 2ème étage escalier C, les vendredis de 16 à 18 heures

Nos travaux sont accessibles à l’adresse http://www.centre-rousseau.fr/

1. 20 octobre 2017 Jérôme Thélot : "Rousseau : une poétique générale"

2. 24 novembre 2017 Céline Spector : "Rousseau et la critique de l'économie politique"

3. 15 décembre 2017 Jean-Pierre Dupuy : "Rousseau et le problème du mal"

4. 26 janvier 2018 Catherine Ramond : "Romance ou opéra ? Polyphonie et unité musicale dans La Nouvelle Héloïse"

5. 9 mars 2018 Marc Hersant (titre en attente)

6. 6 avril 2018 Yannick Séïté (titre en attente)

7. 25 mai 2018 Patrick Hochart (titre en attente)

Autour des Confessions

Le Centre s'attache à publier les travaux des chercheurs invités à la journée du 16 février 201", en collaboration avec Jacques Berchotld (La Sorbonne Paris 4). Un projet est en cours aux éditions Garnier.

Ecrits mineurs

Jean-Christophe Sampieri et Christine Hammann élaborent le programme d'un colloque sur les minora scripta. Le colloque se tiendra en 2015. Une journée de présentation et de préparation est prévue le 17 janvier 2014.

Appel à contributions, Christine Hammann, Jean-Christophe Sampieri

Rousseau - minora
Ecrits et genres « mineurs » chez Rousseau

Colloque
22-23 mai 2015

Université de Haute-Alsace
Institut de Recherche en Langues et Littératures Européennes (ILLE EA 3437)

Université Sorbonne-Nouvelle-Paris 3
EA 174 : « Formes et idées de la renaissance aux Lumières »

Par ce qu’il connote (dès qu’il entre en résonance avec son antonyme : « majeur »), le terme « mineur » peut apparaître comme n’étant pas sans a priori, quant à ce qui est supposé faire la valeur d’une œuvre littéraire ou philosophique. En particulier s’agissant du corpus rousseauiste, on sait à quel point la ligne de partage entre le « mineur » et le « majeur » a pu fluctuer, en quelque trois cents ans de réception et d’exégèse ; nombre de textes, dont nul ne songerait aujourd’hui à nier le statut « majeur », n’ayant été reconnus tels qu’après avoir longtemps séjourné dans les limbes des écrits « mineurs ».
Trois cas somme toute assez récents pourraient être ici rappelés en ce qu’ils montrent les modalités très diverses selon lesquelles un texte autrefois dit « mineur » a accédé, à un moment et pour un public donnés, à sa « majorité ».
S’agissant de l’Essai sur l’origine des langues, c’est indéniablement Jacques Derrida qui, en 1967 (De la grammatologie), propulsa le texte à un statut de premier plan que peu de spécialistes auparavant s’étaient risqués à lui accorder. Au-delà des questions d’esthétique musicale au prisme desquelles on avait surtout jusqu’alors déchiffré l’Essai, la nouveauté de cette lecture était d’attirer l’attention sur d’autres chapitres, pour en montrer la profonde consonance doctrinale (« économie de la pitié ») avec les grandes œuvres philosophiques (Discours sur l’inégalité, Emile), tout en tranchant au passage la question longtemps débattue de la datation : sans cesse remis sur le métier jusqu’en 1762, l’Essai n’était décidément pas une œuvre de jeunesse, mais bien de la majorité de Rousseau. Ce qui rendrait, dans ce cas, le texte « majeur », ce serait donc sa cohérence avec le « système ».
Toute différente est la trajectoire du Lévite d’Ephraïm : longtemps considéré comme un écrit mineur par un public qui s’autorisait d’ailleurs de l’appréciation de Rousseau (celui-ci en soulignait à la fois le sujet « atroce » et le faible degré d’invention formelle : une simple « paraphrase » de la fin du Livre des Juges), ce n’est que très progressivement, au fil d’une cinquantaine d’années d’exégèse collective, que le texte finira par rejoindre le panthéon des œuvres majeures ; en vertu d’une double réhabilitation, littéraire d’abord (Le Lévite d’Ephraïm comme « autobiographie masquée »), philosophique ensuite. Mais, paradoxalement, celle-ci sera proportionnelle à « l’atrocité » du sujet, si étonnante de la part du théoricien de la bonté naturelle. Bref : ce qui signalerait cette fois le texte majeur, ce ne serait plus sa cohérence avec le système, mais bien la façon dont il l’inquiète, peut-être le conteste, en tout cas l’interroge dans son impensé.
Quant aux Dialogues : réputés « illisibles » – non seulement malgré mais longtemps après la préface pourtant si éclairante de M. Foucault – peut-être après tout n’y a-t-il qu’une dizaine d’années qu’ils sont sortis pour le public du statut de non-œuvre : auquel cas cela aura été le fruit de travaux (J.-F. Perrin) qui, attentifs au dispositif du texte, se seront attachés à montrer ce qu’il devait aux genres et aux formes canoniques de la rhétorique judiciaire. Dans ce cas, un texte sortirait de sa minorité dès lors qu’il pourrait être clairement référé à un « genre » sinon littéraire, du moins rhétorique : à partir de quoi seulement il deviendrait possible d’en juger la littérarité.
Est-ce à dire pour autant que la polarité du mineur et du majeur n’ait aucun fondement, intrinsèque et que tout écrit devienne spontanément « majeur » sous la plume de Rousseau ?

C’est sans faire abstraction de ces questions (touchant à ce qui fait la valeur d’une œuvre) que le colloque invitera à relire les écrits dits « mineurs » de Rousseau. En particulier, on pourra ainsi interroger :

1. Les prémisses de l’œuvre : épîtres, cours, mémoires, pièces de théâtre, opéras... Les vingt premières années de la « production » de Rousseau, tout en témoignant d’une réelle fécondité, sont en effet assez largement restées dans l’oubli : oubli de la critique comme de l’auteur lui-même d’ailleurs, qui ne fait presque pas mention de pièces comme La Découverte du Nouveau Monde, L’Engagement téméraire ou La Mort de Lucrèce. Pour autant, ces morceaux délaissés ont indéniablement leur place dans la formation de la pensée de l’écrivain.

2. Les marges et les articulations de la production monumentale, en particulier à travers les textes inédits : essais, traductions, fragments, morceaux inachevés, pièces de taille ou d’importance jugée mineure (ce dont l’appréciation est laissée à chacun : ainsi les Lettres à Malesherbes peuvent faire l’objet d’une communication aussi bien que l’Oraison funèbre du Duc d’Orléans ou Les Amours de Claire et Marcelin).

3. Le rapport paradoxal que Rousseau noua aux genres littéraires (mineurs vs majeurs) : délaissant, après sa « réforme », les genres institués de la poésie lyrique et du théâtre, pour se tourner vers d’autres considérés comme moins nobles ; au point qu’il ne semble accéder lui-même au statut d’auteur majeur qu’à proportion qu’il investit des genres de plus en plus « mineurs » selon les critères de son temps. Préface de La Nouvelle Héloïse : « Quiconque veut se résoudre à lire ces lettres doit […] se dire d’avance que ceux qui les écrivent ne sont pas des Français, des beaux-esprits, des académiciens, des philosophes ; mais des provinciaux, des étrangers, des solitaires, des jeunes gens, presque des enfants, qui dans leurs imaginations romanesques, prennent pour de la philosophie les honnêtes délires de leur cerveau. » Préface de l’Emile : « Ce recueil de réflexions et d’observations, sans ordre, et presque sans suite, fut commencé pour complaire à une bonne mère qui sait penser. Je n’avais d’abord projeté qu’un mémoire de quelques pages : mon sujet m’entraînant malgré moi, ce mémoire devint insensiblement une espèce d’ouvrage, trop gros sans doute pour ce qu’il contient, mais trop petit pour la matière qu’il traite. » Préface des Confessions : « Si je voulais faire un livre avec soin comme les autres, je ne peindrai pas, je me farderai. C’est ici de mon portrait qu’il s’agit et non pas d’un livre. » Et que dire de « l’informe journal (des) Rêveries » ? Ce n’est sans doute pas là seulement captatio benevolentiae.

4. Pour les mêmes raisons, on ne s’interdira donc pas non plus les approches thématiques (« Petit fut mon nom… »), s’agissant d’un auteur qui, dans deux de ses œuvres majeures (L’Emile et Les Confessions), promut de manière inédite la figure et le point de vue d’un enfant.

Les Nouveaux Chemins de la Connaissance d'Adèle Van Reeth consacrent leur semaine aux Confessions de Jean-Jacques Rousseau. Les entretiens avec Alain GrosrichardClaude Habib Habib, Jean-François Perrin et Paul Audi sont téléchargeables sur le site de l'émission. Signalons aussi l'émission avec Christophe Litwin sur la jalousie chez Rousseau, téléchargeable ici

Les séances du Centre-Rousseau auront lieu à la rentrée prochaine aux dates suivantes :

20 octobre 2017  Jérôme Thélot : "Rousseau : une poétique générale"

24 novembre 2017 Céline Spector : "Rousseau et la critique de l'économie politique"

15 décembre 2017  Jean-Pierre Dupuy : "Rousseau et le problème du mal"

26 janvier 2018  Catherine Ramond : "Romance ou opéra ? Polyphonie et unité musicale dans La Nouvelle Héloise"

9 mars 2018 Marc Hersant (titre en attente)  

6 avril 201 Yannick Séïté (titre en attente)

25 mai 2018 Patrick Hochart (titre en attente)

Nous nous réunirons  en Sorbonne,  salle Max Milner (2ème étage par l'escalier C) de 16 h à 18 h.

Vendredi 15 décembre, 16-18 h Jean-Pierre Dupuy : ROUSSEAU ET LE PROBLEME DU MAL. Polytechnicien, professeur émérite à l'école polytechnique, Jean-Pierre Dupuy enseigne les sciences politiques à l'Université de Stanford. Il est une figure marquante de la pensée écologique depuis la parution, en 2004, de son livre précurseur : Pour un catastrophisme éclairé. Proche d'Ivan Illich et de René Girard, une large part de son oeuvre est consacrée aux risques majeurs et aux tragédies contemporaines. Ainsi, Petite métaphysique des Tsunamis (Seuil, 2005), retrace le débat de Voltaire et de Rousseau autour du tremblement de terre de Lisbonne. Signalons aussi Avions nous oublié le mal? Penser la politique après le 11 septembre, Bayard, 2002. Retour de Tchernobyl. Journal d'un homme en colère, Seuil 2006. La séance aura lieu en salle Max Milner, entrée 17 rue de la Sorbonne, 2ème étage, escalier C.

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